
Les Églises adoptent des mesures conservatoires contre Daniel Marguerat
Les délégués sont donc revenus sur l’affaire impliquant l’exégète et bibliste suisse Daniel Marguerat, professeur émérite de théologie protestante de l'université de Lausanne, accusé d’abus commis dans les années 1990. Sur la base de renseignements transmis par l'Église réformée vaudoise, la justice a ouvert une enquête à ce sujet.
Cette affaire, longtemps demeurée dans des cercles restreints, se trouve pleinement exposée dans l’espace public et médiatique depuis la parution d’un article, ce printemps, dans le journal chrétien français « Le Cri », où le nom du présumé coupable a été dévoilé. Ce lundi 22 juin, l’Assemblée générale de la Conférence des Églises réformés romande (AGCER) a refusé de lui donner la parole et même de distribuer sa prise de position.
Suspension temporaire
Appelés à se positionner sur rapport du Conseil exécutif de la Conférence des Églises réformés romandes (CECER) sur le sujet, les délégués se sont vu proposer d’envisager une suspension temporaire de l’exercice d’actes pastoraux publics sur leur territoire par Daniel Marguerat, tant que les faits n’auront pas été clarifiés par les instances compétentes.
Au final, plusieurs décisions ont été prises. Jusqu’à nouvel avis, les Églises membres de la Conférence des Églises réformées romandes (CER) demanderont à leurs paroisses, à leurs services et leurs institutions de ne solliciter ou de ne poursuivre aucune collaboration publique ou institutionnelle avec Daniel Marguerat. Elles lui demanderont de renoncer, dans le cadre des activités des Églises membres de la CER, à toute collaboration liée à son statut pastoral ou professoral.
Pas une condamnation
Par ailleurs, dans le respect du cadre légal applicable, elles se transmettront toute information pertinente concernant cette affaire, et coordonneront leur communication et leurs mesures. Enfin, elles procéderont à une évaluation des mesures conservatoires dans un an, ou plus tôt, si de nouveaux éléments substantiels apparaissent.
« Ces mesures ne constituent pas une condamnation anticipée, mais visent à permettre la sérénité nécessaire au traitement du dossier, à manifester la responsabilité des Églises face aux légitimes interrogations exprimées dans l’espace public et à préserver la confiance indispensable à l’exercice du ministère pastoral », a commenté Yves Bourquin, vice-président du CECER.
Futur journal protestant
L’AGCER a également adopté la ligne générale de son nouveau pôle de communication, incluant l’intégration d’un journal destiné aux réformés romands. « Nous sommes partis d’une situation particulièrement complexe, car il y a quelque temps encore, tout semblait bloqué, a indiqué Yves Bourquin. Nous nous sommes entourés des compétences reconnues pour la rédaction d’un rapport d’experts qui a été examiné en interne, avant de repasser entre les mains des auteurs. C’est donc le fruit d’un travail collectif. »
Ce projet n’est pas une restructuration économique, mais un changement de paradigme, selon Yves Bourquin. « L’objectif n’est pas de faire plus avec moins, mais de faire mieux avec un nombre de postes identique, a-t-il précisé. L’idée centrale est de fusionner les rédactions existantes pour créer une seule et même équipe éditoriale, laquelle travaillerait en synergie et produirait l’entier des contenus qui seraient répartis entre différents supports médiatiques, dans une logique d’optimisation des ressources et de cohérence éditoriale. » À noter que ce modèle repose sur une logique dite « web first », fondée sur le principe d’une stratégie de communication pensée d’abord pour le web, puis adaptée aux autres supports.
Après avoir approuvé les éléments de base de l’avant-projet des experts concernant l’avenir du Pôle communication et le futur journal romand, l’assemblée a demandé au CECER de lui transmettre pour la prochaine assemblée générale un projet final (avec indications des coûts) et de choisir entre un journal de 32 pages et un journal de 40 pages. Pour terminer, elle a décidé que le titre du futur journal serait Réformés.ch pour le web et Réformés pour le print.
Nouveaux statuts et rapports annuels
Dans la foulée, l’AGCER a définitivement ratifié les nouveaux statuts de la CER et validé leur entrée en vigueur au 1er septembre. En attendant, le Conseil exécutif de la CER est chargé de préparer la transition. Une Assemblée générale constituante sera organisée le 7 septembre à Lausanne, avec pour objectif premier de permettre l’entrée en vigueur opérationnelle des nouveaux statuts.
Enfin, les délégués ont adopté les rapports annuels, ainsi que les comptes 2025 qui se sont clôturés dans le vert. Le bénéfice, soit 126'000 francs, sera mis en réserve.



