
Un lieu de passage et de rencontre
En cette matinée de février, le soleil brille sur le parvis de la chapelle Saint-Jean. Une odeur de café chaud nous chatouille les narines. Pascale Boismorand, diacre, et Suzy Favre, animatrice d’Église, accueillent les passantes et les passants qui le souhaitent. Petit café, cookie partagé, le temps d’un échange.
Ce matin-là, une maman est passée avec ses trois filles avant de prendre le train pour Lausanne. «En moins de dix minutes, elle nous a confié ses espoirs et ses désespoirs», raconte Suzy Favre. Installer l’accueil dehors n’est pas anodin. «Pour beaucoup, franchir la porte d’une église reste un pas difficile, explique l’animatrice d’Église. Ici, avec une table, quelques chaises, un café, nous allons à la rencontre des autres.» Une présence inspirée par l’Evangile Construite dans les années 1960, la chapelle Saint-Jean avait été pensée pour être au plus près de la population du quartier. Soixante ans plus tard, une nouvelle étape s’ouvre. «En 2025, nous avons réfléchi à l’avenir de la mission de l’Église dans ce quartier, explique Pascale Boismorand.
Cette démarche s’inspire d’une conviction tirée de l’Evangile de Jean: Dieu aime l’humanité sans distinction et prend l’initiative du dialogue avec chaque personne. À la suite du Christ, l’Église est appelée à se tenir auprès de toutes et tous, sans exclusion.» Situé entre les habitations du quartier et le quartier multiculturel de la Planchette, cet endroit est naturellement un lieu de passage. «Ce lieu a une vocation plus large que les cultes», souligne Pascale Boismorand, qui souhaite continuer à le faire vivre et à lui donner des couleurs.
Une écoute qui peut devenir prière
«Cette chapelle est un lieu chrétien, et c’est une force de pouvoir assumer d’être Église», ajoute Suzy Favre. Parfois, au terme d’une conversation, elles proposent simplement une courte prière. «Il faut de la finesse et beaucoup d’écoute. Comme animatrice d’Église, je respecte pleinement l’accueil laïque, mais nous pouvons aussi apporter une dimension spirituelle.» Il arrive que des personnes non croyantes accueillent pourtant cette proposition. «Beaucoup de personnes cherchent à pouvoir s’appuyer sur la foi de quelqu’un, observe-t-elle. Nous essayons simplement de répondre à ce besoin.» Pour Suzy Favre, l’Evangile se vit concrètement dans ces rencontres: «Il s’incarne dans notre manière d’accueillir. Nous sommes un lien.»
Une grande diversité de rencontres
Les personnes qui s’arrêtent sur le parvis viennent d’horizons très différents. «Un jour, ce sont des ouvriers qui avaient besoin de partager un quotidien pas toujours facile», raconte Pascale. Même si la relation ne s’inscrit pas forcément dans la durée, l’échange se crée rapidement. D’autres fois, ce sont des écoliers, des travailleurs sociaux de la Planchette, des mamans du quartier, des collègues ou encore des paroissiens. Cette diversité fait la richesse du lieu et nourrit les échanges.
Un projet ouvert et participatif
L’accueil pourrait encore se développer et devenir plus visible. Soutenu par la Région, le projet repose aujourd’hui sur un petit groupe de travail très participatif. «Mais il reste de la place pour celles et ceux qui auraient envie de s’y engager, souligne Suzy Favre. Nous avons aussi besoin du soutien et de la confiance des gens pour faire vivre ce lieu. C’est un lieu de vie et d’échanges foisonnant.»
Dates et horaires d’accueil
Accueil chaleureux pour un temps d’écoute, de partage et de prière les jeudis 2, 9 et 16 avril avec Pascale Boismorand jeudis 16,23 et 30 avril avec Suzy Favre. De 8h à 12h, Chapelle Saint-Jean, rue d’Evian 20à Aigle.



